La chambre

La chambre

đŸ—“ïž Du 2 avril 2026 Ă  12h30 → 2 avril 2026

La chambre

Au départ, il était question de disparition.
Puis, lors d’une rĂ©sidence territoriale avec des adolescent.e.s entre 15 et 18 ans, la question du lieu dans lequel, duquel on disparaĂźt s’est dĂ©veloppĂ©e et l’image de la chambre a commencĂ© Ă  se dessiner. C’est dans cet espace, c’est de cet espace qu’iels se rĂ©fugient, disparaissent, s’échappent. Qui habite la chambre de l’adolescence ? À quoi ressemble-t-elle ? Quelles traces reste-t-il de notre chambre rĂ©elle ou rĂȘvĂ©e ? Quelles traces laisse-t-on Ă  l’intĂ©rieur ?
Puis dans cette chambre, est venue se glisser la figure de Harry Houdini, le grand maĂźtre en escapologie : l’art de se dĂ©faire de toutes chaĂźnes.
Dans une rĂȘverie autour des sensations de l’adolescence, il s’agit, le temps d’un spectacle, d’explorer les projections de nous-mĂȘme, nos entraves, nos Ă©chappatoires, d’inventer ou de réécrire notre histoire, car cet endroit le permet.

La chambre est ainsi une tentative d’évasions multiples avec les diffĂ©rents moyens qu’offre l’espace de reprĂ©sentation théùtrale.
La magie, ses effets et son histoire apparaissent comme un vaste champ d’exploration de notre intĂ©rioritĂ© car ils sont une porte d’entrĂ©e dans un imaginaire commun. Pour plonger dans cet univers, la marionnette, la mise en mouvement de l’objet inanimĂ©, avec ce qu’elle porte en elle de trĂšs archaĂŻque, est un outil sensible et porteur de tout un monde. Le dialogue entre ces langages est Ă  la base du cheminement artistique de la compagnie qui aspire Ă  dĂ©placer le performatif vers le poĂ©tique.
La chambre, Ă  la fois comme lieu de refuge et d’enfermement, nous invite Ă  plonger dans un espace entre deux eaux oĂč, tout se dĂ©voile, se cache, oĂč tout s’invente et s’échappe.

La chambre de l’adolescence a cette particularitĂ© de contenir et d’exposer la multitude qui nous constitue dans un seul espace.
Ici, la chambre est dĂ©finie par le sol, grĂące Ă  une grande piĂšce de moquette duveteuse au centre du plateau. L’espace se modĂšle par les objets, la lumiĂšre, le son, le corps qui l’habite, en se frottant Ă  des notions de cartographie sensible. Il y a quelque chose d’un cabinet secret fait d’une multitude de cachettes et de tiroirs, ou d’une cabine spirite oĂč toute l’action se passe.
Dans un rĂ©alisme photographique, presque surrĂ©el et esthĂ©tisant, c’est une intrusion Ă  l’intĂ©rieur de son quotidien. Durant le spectacle, ce quotidien se transforme, ouvrant la porte Ă  des images oniriques et fantasques. L’espace, le temps, les objets se modifient : en changeant d’échelle, de fonctions, d’état, en devenant chaĂźnes, menottes, camisole, et autre bassin rempli d’eau.

Celle qui habite cette chambre est entre deux instants de sa vie. Elle est dans un entre-deux lui-mĂȘme mouvant et multiforme.
À la fois trop grande et trop petite, elle explore ce qu’elle a Ă©tĂ© et ce qu’elle pourrait ĂȘtre. Elle oscille entre envie d’évasion et dĂ©sir de repliement. Alors elle explore les possibilitĂ©s dans cet espace rassurant qui est le sien. Comme une Ă©tape prĂ©paratoire au reste du monde. Elle s’amuse avec le rĂ©el et l’illusion.

La chambre est un spectacle qui se construit sous forme de sĂ©quences successives oĂč chacune est une tentative d’évasion.
Ces tentatives sont parfois des Ă©chappĂ©es rĂ©elles, utilisant des principes Ă©prouvĂ©s par Harry Houdini, Cynthia Morrison, Allias, David Copperfield, Dorothy Dietrich, Jean RĂ©gil et quelques autres audacieux et audacieuses illusionnistes. Ce sont, Ă  d’autres moments, des Ă©chappĂ©es mĂ©taphoriques qui se font grĂące au langage plastique et marionnettique. Elle Ă©chappe Ă  la rĂ©alitĂ© qui l’entoure aussi bien qu’à celle qu’elle imagine.
Un double marionnettique accompagne l’adolescente dans sa chambre. Telle une prĂ©sence, un ”moi intĂ©rieur” ou un ”moi social”, celui qu’on donne Ă  voir au monde. L’adolescente de cette chambre est un corps double qui habite l’espace. Ces deux faces d’une mĂȘme entitĂ© entrent en dialogue, jouent avec les rythmes, se faufilent entre immobilitĂ©, suspension et fil de pensĂ©e ininterrompu.

Une chambre oĂč ses monologues intĂ©rieurs prennent forme.
À demi-mots, les pensĂ©es de l’adolescente viennent se mĂȘler aux refrains et aux voix entĂȘtantes qui passent Ă  la radio. Cette matiĂšre sonore constitue ainsi une autre ligne de lecture qui vient Ă©clairer les images qui se forment et guide le rĂ©cit. Dans une composition Ă  la fois en temps rĂ©el et en diffĂ©rĂ©, il s’esquisse alors une poĂ©sie sonore et visuelle. Les paradoxes adolescents qui se matĂ©rialisent et entrent en rĂ©sonance. La chambre devient le théùtre des diffĂ©rentes facettes de son intĂ©rioritĂ© et par la mĂȘme occasion offre au public un espace de projection oĂč, lui aussi, peut tenter de s’évader.

À l’image de l’adolescence, souvent perçue entre deux ñges, le spectacle se situe entre deux inspirations.
Dans cette chambre l’élĂ©ment « eau » et l’apnĂ©e occupent une place importante et d’une certaine façon rythment aussi le rĂ©cit. Deux aquariums rempli d’eau sont une porte entre deux mondes, deux moment de vie.
Cette eau se transforme pour devenir opaque, plus dense, jusqu’à devenir mousse. Par cette eau devenue mousse elle tentera, Ă  l’image de Harry Houdini et sa chambre des tortures, une grande Ă©vasion finale qui lui permettra de sortir complĂštement de sa chambre.

PremiĂšres pistes sonore
https://soundcloud.com/thomtom/la-chambre-recherche-sonore?utm_source=clipboard&utm_medium=text&utm_campaign=social_sharing

LES BRUITS DE LA NUIT

LES BRUITS DE LA NUIT est une compagnie nĂ©e en 2018 sous l’impulsion de la crĂ©ation du spectacle La femme coupĂ©e en deux. C’est un premier spectacle imaginĂ© par ChloĂ© Cassagnes qui, lors de sa formation de comĂ©dienne, a rencontrĂ© le masque et la marionnette qui l’ont menĂ©e sur les pas de la Magie nouvelle. Autour de cette premiĂšre crĂ©ation s’est formĂ©e une belle et joyeuse Ă©quipe aux multiples savoir-faire et partageant un goĂ»t commun pour les mĂ©langes de genres et des disciplines. Ainsi une Ă©troite collaboration s’est faite avec, entres autres, Thomas Mirgaine, crĂ©ateur sonore, Alice Faure, dramaturge et metteuse en scĂšne, ou encore, Maxime Burochain, constructeur aux multiples facettes.
La compagnie est implantĂ©e Ă  Saint-Denis (93), au sein des ateliers de la Briche et bĂ©nĂ©ficie d’un compagnonnage au Théùtre Halle Roublot Ă  Fontenay-sous-Bois (94). Elle continue Ă  s’aventurer oĂč corps et illusion s’entremĂȘlent. La compagnie poursuit ses recherches en dĂ©veloppant un entresort forain nommĂ© Miss Mandrilla et en se plongeant dans une nouvelle crĂ©ation pour la salle : La chambre.
Ainsi, Ă  travers la marionnette, la magie, les arts forains, visuels et sonores, il s’agit d’explorer les espaces intermĂ©diaires, quelque part entre le rĂ©el et l’imaginaire.
https://lesbruitsdelanuit.fr/

← Retour à la recherche